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 Guide historique des vestures

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Aemilia
L'agnelle


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MessageSujet: Guide historique des vestures   Sam 16 Mar - 3:07

Oyez oyez chers joueurs!

Vous êtes nombreux à nous demander des conseils pour mieux jouer votre perso comme à l'époque, et notamment au niveau des tenues. Après quelques recherches, des mois intensifs de réflexion pour mettre les idées dans un ordre à peu près logique, voici quelques lignes qui pourront vous guider au niveau vestimentaire. Bonne lecture!


1. Le vêtement, un produit cher
Il faut savoir que l'on ne changeait pas de vêtement au quotidien, hormis la chemise (chez les nobles). Les fibres végétales et animales sont préparées à la main, "roulées" en fil à la main, puis tissées certes au métier, mais à la main. L'aune (mesure de l'époque) de tissu coûte donc cher à la base. Ajoutez à cela le prix de la confection, cela peut revenir cher. Historiquement, l'on apprend que le roy Charles VI lui-même ne s'habillait en neuf que 4 fois par an. Il devrait donc en être de même pour nos personnages.
Donc, il faut en déduire que les tenues n'étaient pas portées qu'une seule fois, y compris les tenues de mariage. Jouez le jeu et faites honneur aux dessins de nos artistes, en les utilisant dans plusieurs RP et non pas qu'un seul. Vous serez historiquement dans le vrai, et c'est bien plus gratifiant pour l'artiste de voir les heures passées à dessiner pour vous utilisées à bon escient.
Une tenue est un bien qui peut se léguer. Maman a une jolie tenue qu'elle ne met plus et que fifille adore? C'est possible! Papa a des tenues qu'il ne veut plus? Il peut en faire cadeau à un de ses vassaux.
Une tenue est abîmée? Elle peut encore servir. Il est courant de redécouper les tenues un peu passées d'époque et d'usage et d'en faire des tenues d'enfants. Ces derniers grandissant vite, ils n'était pas courant de leur faire des vêtements neufs (hormis chez les nobles, et encore) dans des tissus neufs, mais dans des tissus déjà utilisés, car ils ne portaient pas leurs vêtements très longtemps.

Il ne faut pas oublier que le concept de garde-robe n'existe pas à cette époque. Une garde-robe est une malle qui sert à transporter les vêtements, uniquement cela.


2. Des tissus et autres matières utilisés
Au quotidien, les femmes filaient dès qu'elles avaient un moment de libre, avant le repas, quand elles gardaient les animaux dans les champs etc etc... Les fils de bonne qualité (surtout la laine) étaient destinés aux tisserands. Les fils de moins bonne qualité étaient souvent gardés pour de la confection maison: chemise simple, linge de maison, couverture grossière...
Le coton existe déjà, mais on n'a pas encore appris réellement à le tisser. Il est utilisé pour rembourrer les vêtements.
La laine connaît différentes qualités. Un simple paysan comme un noble peut se faire confectionner des vêtements en laine, il n'y a que la finesse du tissu qui variera. Attention, la laine est principalement tissée à l'époque, contrairement à aujourd'hui où elle est surtout tricotée. C'est le produit le plus courant.
La soie est un produit de luxe, qui tend à se "démocratiser". L'élevage se répand un peu partout en Europe. Ainsi, les bourgeois peuvent s'en procurer. Il y aura bien entendu plusieurs qualités, plusieurs tissages, et le prix d'une aune de soie dépendra donc de cela. C'est un tissu brillant. Comme le satin quoi.
Le velours reste un produit de luxe et d'apparat. Long à fabriquer, doux, soyeux, il est réservé à l'élite.
Le brocart également, ce tissu lourd chargé de broderies (en général de la soie brochée d'or et d'argent), est réservé aux plus nobles. Il s'agit du même tissu dont on se sert pour l'ameublement. La classe suprême: avoir une tenue assortie à ses tapisseries.
Le lin est un tissu déjà utilisé à l'époque, même si compliqué à travailler. Il est agréable à porter l'été car assez léger. Il reste cependant un produit assez bourgeois, que les simples serfs ne peuvent pas vraiment se payer. Il est assez courant, et est apprécié pour son effet froissé.
Vous me direz, mais ces pauvres paysans alors? Ils portent souvent des vêtements de laine bas de gamme, des confections maison à base d'ortie (mais ça pique pas hein) ou de chanvre. Mais le plus souvent, l'été, ils travaillent en simple chemise (les messieurs en tout cas) ou torse nu pour ne pas avoir trop chaud.
Les fourrures, quant à elles, sont signes de richesse. Paysans, s'abstenir. Bourgeois, éventuellement du lièvre, du gros vair, des petits animaux. Les nobles, de la létice, du renard, du menu vair... Pour la haute noblesse, de l'hermine, of course! De la zibeline, de l'ours, du castor...
Le cuir... Le cuir ne se teinte à priori pas (comme la fourrure, exit la fourrure rose mesdames, ça n'existe pas!), l'on restera donc sur du cuir naturel. On peut, si mes sources sont bonnes, trouver du cuir: noir, rouge, marron chocolat jusqu'à marron beige.

Quant aux ornements, un pauvre n'ajoute aucune broderie sur sa tenue en général (comme les bijoux d'ailleurs... l'or, ça coûte cher, en général on peut au mieux s'offrir un simple bijou que l'on transmets aux générations futures comme héritage). On peut éventuellement ajouter des galons de tissus de couleurs, pour la haute bourgeoisie et la basse noblesse des galons d' argent, de la verroterie, des tissus à motifs (hormis le brocart, trop cher)... Pour la moyenne et la haute noblesse, on peut se permettre des galons d'or, des pierres précieuses... Plus la tenue est richement ornée, plus elle montre la richesse du personnage qui la porte.

A noter que la dentelle n'existe pas encore, elle n'apparaîtra qu'au milieu du XVIe siècle.


3. Des couleurs
Le prix des teintures peut grimper assez vite en fonction de sa rareté. Il faut savoir que certaines couleurs, malgré l'ajout d'un mordant qui permet à la couleur d'accrocher au vêtement, vont rapidement se ternir. Il est donc d'usage de reteinter les tissus, ou de les donner quand les couleurs passent.
Et donc, les couleurs, comme les tissus, subissent les affres de la société médiévale!
Une couleur pâle ou terne va être portée par les moins riches, car il s'agit soit d'un tissu sur lequel la couleur n'a pas accroché, soit d'un tissu pour lequel l'on n'a pas utilisé beaucoup de teinture. A noter que les paysans n'ont que de très rares tenues teintées, ils gardent le tissu tel quel (donc beige/écru un peu grisâtre) pour éviter tout surcoût inutile.
Une couleur vive va être signe d'un haut rang social. Si votre perso est riche, osez les couleurs pétantes!

A priori, il y a pas mal de couleurs disponibles à cette époque, vous pouvez donc vous faire plaisir. Attention, certaines couleurs, rares, sont chères. C'est le cas du noir, du rouge écarlate, du jaune safran (très vif) et du pourpre (et du violet en général), qui sont donc des teintes réservées aux riches. Le vert et le marron sont des teintures très rentables. L'on peut également obtenir du rose peau, les autres teintes de rose sont plus difficiles à obtenir, ou ne tiennent pas longtemps au textile. Attention cependant au blanc: ça n'existe pas vraiment! Vous pouvez éventuellement blanchir un tissu non teint en le lavant... à l'urine... puis en le faisant sécher au soleil.

Votre personnage se marie? Tout comme dans les pays asiatiques, à cette époque, on se marie en rouge. Le blanc est à proscrire.
Votre personnage est en deuil? Soit vous vous la jouez Moyen-Age, où la mort était fêtée joyeusement avec plein de couleurs pour accompagner le défunt vers sa nouvelle vie, soit vous vous la jouez plus tardif et vous choisissez du noir si votre perso est riche, soit un tissu sombre ou non teint si vous êtes moins riche.

Vous êtes intéressé par la symbolique des couleurs? Vous pouvez le signaler sur ce topic et on pourra éventuellement l'insérer quelque part dans mon blabla.


4. Des vestures féminines

Vous trouverez ci-dessous un petit récapitulatif de la mode du début du Moyen-Age jusqu'à la Renaissance. Il faut surtout en retenir que les femmes ne montrent pas leurs jambes, encore moins leurs bras... Selon les modes, l'on aura une robe près du corps avec jupon évasé, puis large à partir de sous la poitrine, puis un "corset" avec un jupon rembourré (le fameux vertugadin venu d'Espagne). Cependant, les paysannes coinçaient souvent leur jupon dans leur ceinture ou le relevaient à l'aide d'un troussoir, pour travailler plus aisément dans les champs. Il en allait de même pour les manches.

Concernant les vêtements de dessous: ça n'existe pas. Les femmes portent une simple chainse, une chemise sur laquelle elles peuvent éventuellement placer un bandeau de tissu pour soutenir la poitrine. Mais! Pas de culotte. Même pas de braies. Juste une chemise. Par dessus, une cotte, une robe simple mais qui ne suffit par pour sortir. Par dessus encore, un surcot, qui peut être ouvert sur les côtes pour laisser apparaître la cotte, et dont on peut remonter le bas. Oubliez les vêtements sexys de notre époque, optez pour la chainse.

Au niveau coiffure (qui sont à demander HRP sur ce forum, les couturières n'étant pas coiffeuses, et n'allant pas suivre votre perso où qu'il aille)... Sachez que jusqu'à son mariage, une jeune fille n'est pas obligée de s'attacher les cheveux, elle les laisse en général détachés, flottant dans le dos. A partir du moment où elle est mariée, elle doit attacher ses cheveux ou encore mieux, les cacher sous une coiffe. Profitez-en, c'est la période où l'on peut se permettre les pires excentricités (pas forcément bien vu par l'église cependant). Si votre perso est veuf, il doit se voiler jusqu'à la fin de sa vie. Cependant, un voile n'est pas une guimpe... Il s'agit juste d'un voile tenu en général par un cercle de métal.


5. Des vestures masculines
La mode de l'époque serait un tue-l'amour pour vous aujourd'hui messieurs. Les hommes portaient des bikinis en guise de sous-vêtement... Si si, un petit bout de tissu attaché sur les hanches par des noeuds-noeuds. Je vous rassure, il existe aussi des sortes de boxers à l'époque, attachés par des lacets. Une chemise également pour cacher le tout.
Par dessus, des chausses, sorte de bas, que l'on attache au niveau du genou ou plus haut à l'aide d'un bout de fil, la jarretière. Les femmes en portent également. Ces chausses peuvent tomber à l'arrière de la jambe, le fessier est caché par la tunique plus ou moins longue. L'on finira par attacher les chausses ensemble comme un collant. Cependant, on invente les boulevards (aussi appelés hauts de chausse), sorte de short bombé qui permettra de cacher la partie centrale du corps de l'homme.
Pour le haut du corps, on porte tout d'abord une simple tunique, qui s'arrête au niveau des genoux. Elle s'allongera petit à petit au fil des siècles, jusqu'à devenir aussi longue que les robes des femmes. Cette mode sera longtemps gardée par les bourgeois, les fonctionnaires, les hommes âgés... La tunique disparaîtra au profit d'un vêtement tiré du gambison, une sorte de manteau matelassé que l'on portait pour protéger le corps des lourdes armures. Ce vêtement, le pourpoint, peut être porté sans manche, ou avec des crevasses (les crevées) pour laisser apparaître la chemise. Plus on avance dans le temps, plus la chemise qui était jusque-là cachée va devenir un accessoire de mode. Chez les plus riches, on la change tous les jours, elle doit être la plus belle possible.

Les hommes portent également un couvre-chef. Simple chaperon ou chapeau à bec (comme Robin des Bois) pour les plus pauvres, jusqu'aux chapeaux les plus délurés comme pour les femmes. Celui qui restera le plus courant sera le bourrelet, sorte de gros boudin de tissu que l'on pose sur la tête, sur lequel on juxtapose un chaperon torsadé, tombant sur le côté, en crête, en fonction de la mode et de son porteur.

Au niveau coiffure, il y a eu un peu de tout. Au début du Moyen-Age, on porte les cheveux longs, la barbe... On passera ensuite à la fameuse coupe au bol, hérité des chevaliers (pour éviter que les cheveux ne se coincent dans le heaume). Puis les cheveux se porteront à nouveau longs. Pas de règles particulières à ce niveau-là, tous les styles sont permis.


6. Des enfants
Ne vous attendez pas à avoir des layettes comme maintenant. L'on croit, au Moyen-Age, que le corps de l'enfant peut se tordre. On l'emmaillote donc dans des bandages pour qu'il grandisse droit. On libèrera cependant les bras au bout de quelques mois. Les couches? Un simple morceau de tissu plié pour avoir plusieurs couches et coincé entre les jambes. Comme pour les menstrues féminines.

L'enfant qui grandit porte donc des vêtements retaillés dans des habits adultes: une robe longue et large, fendue pour lui permettre de marcher. On lui enfile un boudin sur la tête pour éviter de se cogner. On a fait pareil pour les grands après, uhuh.

Vers 7 ans, ils commencent à se vêtir comme les adultes, puisqu'ils sont considérés comme tels: robe pour les fillettes, tuniques pour les garçons. A noter que les garçons peuvent avoir leur première armure, pour crâner. Ah, ces mecs...

Chez la haute noblesse, on habille les enfants comme des mini-adultes dès leur plus jeune âge, en tout cas lors des cérémonies officielles. Les héritiers, on en est fiers, et on les montre comme des animaux de foire, ne l'oublions pas.




Eh bien maintenant, vous en savez une bonne partie! A vous, chers joueurs, de vous amuser à commander historiquement, pour coller avec cette magnifique époque où les femmes avaient autant de pouvoir que les hommes!

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Aemilia
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MessageSujet: Re: Guide historique des vestures   Sam 16 Mar - 3:08

Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus:

Différentes époques, tirées en grande partie du livre "Mon costume médiéval" de Claire Lhermey, éditions Equinoxe.


Le Haut Moyen-Age (du Ve au Xe siècle) : Mérovingiens (481-741) & Carolingiens (751-987)
Les costumes s'inspirent de multiples influences, dûes aux invasions barbares, romaines, etc... C'est donc un melting-pot des civilisations romaine, gauloise, bizantine, barbare...

Costume féminin:
Mérovingiens: robe longue ouverte ou non sur le devant, portée sur la chemise ou une robe de dessous, ornée de galons tissés (bas, encolure, poignets), longue ceinture à plaque ouvragée. Comme coiffe, un voile maintenant par des épingles ouvragées. Epoque des petites fibules, des bijoux en forme d'animaux ou de cercle plat, ceintures en émaux et pierres précieuses. Chaussures ressemblant à des bottines en peau ou fourrure, ou des chaussures basses. Pas de vêtements de dessous, hormis la chemise et les chausses (bas), tenues par un ruban ou un lien de cuir (jarretière).

Carolingiens: Même robe longue, ou tunique s'arrêtant à mi-cuisse. Même voile qui fait office de cape, fermé d'une seule et grosse fibule. Toujours des galons, des rubans...

Costume masculin:
Les hommes portent des braies larges ou serrées sur la jambe (à l'aide de bandes molletières), une casaque (tunique) ornée de galons (plus ou moins longue selon le rang, la fonction ou l'activité du porteur), des guêtres de cuir, des chaussures ou des bottines, un manteau de peau (le rhéno), une petite cape courte (la saie), un manteau (quadrangulaire ou semi-circulaire) attaché par une fibule sur l'épaule droite et drapé sur le bras gauche, ou une chape, manteau d'apparat très grand mais plus rare. En guise de vêtement de dessous, une chemise et un caleçon de lin.


Le Moyen-Age classique (ou central)

Le Roman (de l'an mille au XIIe siècle)
Temps de la féodalité, des premières croisades, des pélerinages, des bâtisseurs de cathédrale... Le costume évoluera surtout dans la 2e moitié du XIIe siècle. Le résultat des croisades: la mode de l'Orient séduit: nouvelles étoffes légères, tissées d'or, aériennes, gaufrées, plissées, ornées... On s'éloigne des vestures imitées des saints.

Costume féminin:
On porte toujours sur la chainse (chemise de corps) une sorte de robe longue appelé bliaut, qui peut être orné au col, aux poignets, aux bras, au bas, de passementeries plus ou moins fastueuses en fonction du rang. Le bliaut est souvent très coloré. La différence, par rapport au Haut Moyen-age, réside en l'évolution des manches: serrées au poignet, évasées, élargies, allongées parfois jusqu'au sol, en forme de bateau...
On porte toujours la ceinture, mais en fils tressés ou noués entrelacés de pierreries. On porte en plus du voile ou pour le remplacer, retenu cette fois-ci par un cerclet de métal, un manteau semi-circulaire comme les hommes, attaché sur les épaules par une ou 2 fibules.

A la fin du XIIe, le bliaut est toujours porté, mais est souvent de crêpes, de mousseline, et est plus ajusté au niveau du buste. On enfile par dessus un corsage surpiqué, ou on coud dessus une large ceinture extensible qui prend le ventre et les hanches et se lace dans le dos. Les manches sont de plus en plus longues, larges, avec diverses formes.
La ceinture, toujours de passementeries et pierreries, fait 2 fois le tour de la taille, et on laisse pendre devant les longues extrémités.
Le voile devient transparent, la mode est à l'enrubannage des cheveux, souvent en 2 longues tresses. La mentonnière, bande de tissu que l'on passe sous le menton, apparaît.

Costume masculin:
Sur la chainse (la chemise de corps), on porte un bliaut (l'ancienne tunique) enfilé par la tête et ouvert au niveau du col, à manches longues et serrées au poignet. Il est plus ou moins long comme avant, et est porté par tous. Il peut être fendu sur les côtés ou le devant. Il est toujours orné de galons brodés ou tissés (passementeries), et est resserré à la taille. On le porte aux genoux pour le travail, la guerre ou la chasse, mi-mollets (miam c'est bon la mimolette) pour les artisans, long pour les personnages importants et/ou nobles.
On porte toujours le manteau, les braies mais plus courtes aux genoux, des chausses en-dessous (bas ou chaussettes), des chaussures, et les pigasses apparaissent (chaussures à bout long, comme des poulaines en quelques sortes).

A la fin du XIIe, on porte toujours le bliaut, les braies à molletières, mais on accessoirise avec une bourse et des bracelets de force.


Le Gothique (1200-1340)
Assortie au style architectural, la vesture va élancer et allonger les silhouettes. Le commerce sera florissant, et des caractéristiques vont se préciser pour différencier de l'époque précédente.

Costume féminin:
Il reste assez simple: la chemise, appelée chainse et maintenant hoqueton, est maintenant matelassée et souvent sans manche.
On porte par-dessus la cotte, taillée dans des tissus lourds, damassés, brocardés, créant ainsi des plis plus larges. Les traînes rondes apparaissent. Les manches sont larges mais resserrées aux poignets. Elle est souvent serrées à la taille par une fine ceinture.
Par dessus, on porte le surcot, sans manches. Soit il est plus court que la cotte, soit il est relevé en son bas pour laisser apparaître la cotte.
Niveau coiffe, l'on utilise toujours le voile, ainsi que la mentonnière que l'on associe à un touret (comme une boîte ronde posée sur la tête). Le filet résille apparaît, l'on peut le faire tenir par un cerclet. La mentonnière, associée au voile va se développer en une guimpe: un tissu fin qui couvre la gorge, le cou, et se fixe au-dessus des oreilles.
L'on voit aussi apparaître, chez les plus jeunes, des chapels de fleurs au moment du printemps.

Costume masculin:
La tunique, appelée ensuite bliaut, est à présent appelée la cotte. Elle garde la même forme de base et descend sous le genou, jusqu'aux mollets ou aux chevilles. Elle se porte toujours sur la chemise.
On enfile par dessus un surcot, une robe de dessus sans manches pour permettre de contraster avec la cotte.
On peut encore au-dessus enfiler un garde-corps, doublé pour tenir chaud, dont les manches sont pourvues d'une ouverture sur le devant pour au gré des envies et du temps y glisser les bras ou non.  Ces manches étant la plupart du temps fermées en leur bout, elles pouvaient servir de sac.
On porte toujours le manteau, ou on le remplace par le peliçon, fourré à l'intérieur. Il peut avoir la forme d'un manteau, d'un surcot ou d'un garde-corps. On peut y ajouter une petite cape.
Les hommes commencent à porter des chapeaux. Le bonnet de base, la cale, apparaît. Il existe différentes formes de chapeaux: phrygien, bords remontés ou non, ornés de joyaux, pointus, de paille pour le travail dans les champs. Le chapeau le plus utilisé, qui deviendra un accessoire de mode, reste le chaperon.
On porte toujours les pigasses, ou des souliers en cuir, des bottes assez semblables aux nôtres...


Le Moyen-Age tardif (ou Gothique flamboyant, ou Bas Moyen-Age) (1340-1420)
En pleine période de la guerre de cent ans, mais l'une des plus jolies modes. Les bourgeois s'enrichissent, ils prennent goût au luxe et à la beauté des costumes.

Costume féminin:
On dévoile les formes du corps féminin: la robe s'ajuste, la silhouette est moulée, les épaules se dénudent.
La robe de dessus (appelée cotte, puis surcot) s'appelle maintenant cotardie. On la porte toujours sur la chainse ou un blanchet (sorte de robe de chambre fourrée). Elle est coupée près du corps, lacée dans le dos ou boutonnée devant, les manches sont boutonnées ou ouvertes au coude, on y fait pendre un long pendant de toile. On la relève sur le devant ou le côté pour marcher, à l'aide d'une agrafe. On peut porter sur cette cotardie les armoiries de sa famille.
Les déchiquetures apparaissent au bas des manches.
On porte toujours le surcot, qui dégage les épaules. Les échancrures des manches sont de plus en plus larges, jusqu'à les appeler "fenêtres d'enfer". Le devant du surcot se dote d'un plastron de fourrure ou d'étoffe plus ou moins large.
Au niveau coiffe, l'on commence à voir apparaître les fameuses coiffes à cornes.

Costume masculin:
La cotte devient plus courte et est nommée cotardie, elle s'arrête à mi-cuisse. L'on peut découper le bas en languettes (déchiquetures), les manches sont serrées au bras, se terminant en coudières à lambrequins ou non, ou boutonnées, ou bouffantes resserrées aux poignets. Elles peuvent prendre d'autres formes (sac, entonnoir, bombarde...). Elle porte diverses appellations: gipon, jacque...
Le pourpoint apparaît. Il est inspiré du gambison (gilet matelassé que l'on porte sous l'armure) et du doublet (gilet de dessus). Il est plus ou moins court, rembourré de coton pour obtenir un torse bombé, taille fine. Il est fermé sur son devant par une rangée de boutons.
La houppelande! "Cousine" du manteau et du peliçon, elle est doublée, fourrée, courte ou longue, avec un col montant, resserrée ou non à la taille, bordée de lambrequins... C'est un vêtement très agréable par temps froid, qui sera porté aussi par les femmes.
L'on porte toujours les chausses mais plus longues (les braies se raccourcissant pour devenir ce que l'on appelle les hauts de chausse), le chaperon. La pigasse normande fait place aux poulaines.

L'on notera des vestures simples chez les paysans, une simple chemise, une simple cotte, un tablier...


Vers la Renaissance (jusqu'en 1490)

Costume féminin:
La houppelande masculine est de plus en plus portée par les femmes et devient une robe à part entière. Doublée de fourrure, serrée à la taille (haute), elle forme de gros plis sur le buste et la jupe.
2e moitié du XVe, c'est la mode de la robe à tassel: on garde la richesse des étoffes de la houppelande, la taille haute marquée par une ceinture (bandier). On y ajoute un décolleté en pointe. Elle peut avoir une traîne.
Sur les autres robes, on porte une ceinture lâche munie d'une chaînette sur les hanches, la ceinture demi-ceint.
Les coiffes! La grande mode! Bourrelet, coiffures à cornes, hennin!

Costume masculin:
Chez les hommes, la robe longue va être principalement portée par les hauts dignitaires, les riches commerçants, les nobles... Les jeunes vont lui préférer le pourpoint.
Ce dernier s'évase en son bas comme une jupon, le torse est toujours matelassé pour être bombé, les manches sont fantaisistes (larges, étroites, bouffantes, fendues...).
On porte également la journade, une tunique courte sans ceinture avec ou sans manches, dont la taille n'est pas marquée. Très agréable pour la guerre, la chasse, le travail...
Au niveau chaussures, les bottes hautes comme des cuissardes apparaissent: les heuses.
Au niveau chapeau, le chaperon, toujours, ainsi que des chapeaux de différentes formes.


La Renaissance (XVIe...)

Mode mixte, La chemise, qui était jusque-là cachée sous diverses couches, devient une marque de richesse. On la montre, en faisant des crevées dans les pourpoints et les robes. On décore les manches et les cols avec de la dentelle, qui apparaît au milieu du XVIe. Elle ne sera utilisée que pour les tenues masculines pour commencer.
Il est de bon ton également d'avoir un large choix de manches amovibles, afin de créer de très nombreuses tenues.
La fraise fait son apparition, et deviendra un col plissé de plus en plus volumineux.
La mode espagnole fait des ravages à la fin du XVIe: les tenues sont rigidifiées et géométrisées. Une mode très austère, qui influença notamment la mode anglaise: manches étroites, jupon de grande ampleur pour les femmes.


Costume féminin
Les coiffes se font plus sages, la robe à tassel fait place à un décolleté carré, et une fente triangulaire sur le devant de la robe du dessous. Les corsets qui affinent la taille et écrasent la poitrine font leur apparition, ainsi que le vertugadin, ce système de bourrelet posé sur les hanches pour les élargir, ou de structures métalliques qui servent à donner de l'ampleur au jupon. On l'appelait d'ailleurs aussi "cache-enfant", je vous laisse deviner pourquoi...
Les femmes portent une robe de dessus (gamurra ou simarre) et une de dessous plus longue (sottana).
Les manches sont soient ajustées avec des épaulettes, soit bouillonnées.
La traîne est relevée et longue.

Costume masculin
Les hommes s'habillent à mi-cuisse ou aux genoux avec un pourpoint, un manteau à larges revers, des chausses... Les poulaines font places aux fameuses chaussures à bout large "en bec de canard".
On porte des "bibis" (comme les toques féminines des RR, typique de la mode vénitienne), des chapeaux à plume...



P'tit dessin en prime pour vous situer visuellement:
 

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