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 Teintures et pigments

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Aemilia
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MessageSujet: Teintures et pigments   Jeu 18 Juil - 2:54


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Aemilia
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MessageSujet: Re: Teintures et pigments   Jeu 18 Juil - 2:57

Introduction


Des pigments

Il existe 3 sortes de pigments:
- pigments végétaux: pastel, indigo, gaude, safran, matériaux calcinés...
- pigments animaux: kermès, cochenille, pourpre, sépia...
- pigments minéraux: lapis-lazuli, azurite, smalt, malachite, orpiment, réalgar, minium, ocres, terres, céruse, or (mussif ou pigment, liquide, feuille)...

Les pigments végétaux sont ceux qui ont la plus vaste palette de couleurs. Cependant, ce sont également ceux qui tiennent le moins sur support. Il faudra donc utiliser un mordant pour les stabiliser. On les obtient par macération (laisser séjourner dans un liquide), décoction (dissolution dans l'eau bouillante, comme la tisane) ou fermentation (dégradation, pourrissement). On les conserve sur les piécettes de lin imprégnées d'alun. Certains peuvent être broyés et/ou réduits en poudre, et conservés en pâte ou en bocal.

Les pigments minéraux sont les plus stables, ils accrochent mieux au support. Ils peuvent être: des ocres, des terres, des minéraux, des métaux... On les conserve en poudre dans des bocaux, ou on les détrempe et on les conserve dans des coquilles, que l'on fait sécher. Il suffira ensuite de remouiller pour les utiliser.

Le commerce des pigments au Moyen-Age est principalement localisé dans 3 grandes villes: Venis, Nuremberg et Bruges.


De la teinture
Au Moyen-Age, l'industrie du textile est en plein essor. On cherche de nouveaux produits, de nouvelles techniques pour trouver des couleurs plus vives et plus stables. Les artisans de ce métier se regroupent en 2 corporations:
-  Les teinturiers de "grand teint" qui colorent les étoffes de haute qualité destinées à la cour ou aux riches bourgeois.
-  Les teinturiers de "petit teint" dont la clientèle n’a pas de quoi s’offrir des étoffes d’aussi bonne qualité mais qui toutefois est plus nombreuse.


Qui porte quelle teinte?
- paysans et ouvriers: pas de teinture, ou des vêtements délavés ou sans éclat
- haute bourgeoisie, noblesse: couleurs profondes (vif, mais pas flashy)

En teinture, les pigments sont principalement d'origine végétale car moins coûteux (il faut parfois beaucoup de pigment pour teinter un tissu), et ils pénètrent la matière à colorer.


De l'enluminure

En peinture, les pigments ne pénètrent pas la matière à colorer, mais ils sont en suspension dans un liant liquide pour être disposés sur un support.

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MessageSujet: Re: Teintures et pigments   Jeu 18 Juil - 2:57

Rouge


C'est la couleur la plus utilisée au Moyen-Age, même si elle est peu présente dans la nature. Elle est très facile à obtenir et a été maîtrisée très tôt. Il existe beaucoup de pigments de différentes teintes. Elle symbolise le pouvoir de la religion et de la guerre, le feu, et le sang. En positif, elle représente la vie, l'esprit saint et l'amour. En négatif, elle représente le péché, la mort et l'enfer.

On habillait les enfants de rouge pour les repérer de loin. Pour protéger de la peste, on s'accrochait un ruban rouge autour du cou. C'est également la couleur de la robe de mariée, mais une petite pièce de tissu rouge, comme une lanterne rouge accrochée à une porte, est une spécificité des prostituées.

Les matières premières sont les mêmes utilisées par les peintres et les teinturiers.


Bois Brésil (végétal)
Il apparaît au XIIe siècle sous forme de copeaux tirés d'un bois rougeâtre importé d'Asie. Utilisé surtout en teinture.
Au XIIIè siècle, il existe dans les grandes villes drapières flamandes le métier de "tailleur de brésil" qui consiste à réduire ce bois en poudre pour les besoins des teinturiers. On trouve également des textes qui définissent son usage, comme le Ban échevinal sur la teinture de Douai (1250).
Des pièces archéologiques ont aussi été retrouvées comme un morceau de soie hispano-mauresque, conservée à Sainte-Polycarpe dans l'Aude et datant des XII-XIIIè siècles. Le fond était principalement teint au brésil (bois de sappan), mélangé avec un peu de cochenille et d'indigo.
Nous avons également de nombreuses traces du commerce de bois de sappan, notamment au XIVè siècle. En revanche, nous n'avons pas de traces de l'utilisation des bois rouges africains en Occident avant le XVIIè siècle (et le XVè siècle en Afrique), mais il est probable qu'ils aient aussi été connus et importés auparavant.
Le bois de brésil permet d'obtenir des tons rouges rosés ou violacés. Il a été particulièrement employé pour rosir la garance afin de lui donner une tonalité plus rouge, ou pour obtenir des violets allié à la garance et au pastel.
On utilise le bois de coeur rouge foncé du tronc et des grosses branches (parfois aussi les racines, mais c'est plus rare) broyé en petits morceaux et macérés dans des bains pendant minimum 3 jours.
Bains acides: rouge
Bains alcalins: rose/violet
Sulfate de fer: fonce du violet jusqu'au noir
Sulfate de cuivre: bordeaux
Bicarbonate de soude: tons plus doux
En 2e bain: rose, fushia, vieux rose... teintes plus claires
Avec du bouleau: marron bordeaux
On obtient notamment la rosette, ou sanguine, avec ce bois, mais que l'on va faire sécher pour plutôt être utilisé en peinture.
Le Rouge de brésil
On utilise le bois de brésil pour teindre et pour peindre. Le Moyen Age l'importe des Indes et de Ceylan. On l'appelle bois de brésil, en raison de sa couleur de braise. On mélange le rouge de brésil avec de l'ocre jaune ou avec des bleus comme l'indigo et le lapis lazuli. On obtient un rouge, avec du blanc un rose pâle. Pour faire un rouge rosé, on passe le brésil sur du vermillon et on atténue ainsi la nuance orangée de cette couleur. On peut aussi ajouter du blanc à un mélange de brésil et de vermillon, cela donne des tons carmins plus ou moins clairs. L'apparition des laques de brésil en Occident remonte au moins au XIIème siècle. Le rouge de brésil supplante peu à peu le sandragon, le folium et les orseilles. Comme les épices, les pierres et les tissus pécieux, le brésil et d'autres matières tinctoriales d'Orient telles que l'indigo suivaient les routes commerciales jusqu'à Alexandrie, Byzance, Chypre et la petite Arménie. Le manuscrit de Montpellier dit que le bois de brésil venait d'Alexandrie.
Dans le Livre des Divers Arts de Montpellier (ms 277 de l'Ecole de médecine, XIVème siècle), l'auteur donne trois types de recettes pour faire du rouge de brésil.
1) avec de l'urine
2) avec du blanc d'oeuf et de l'eau gommée
3) avec de la chaux et de l'urine
1) on laisse macérer durant un jour et une nuit, les râclures du bois de brésil dans de l'urine dans un coquillage, conca [je suppose qu'il s'agit d'une coquille saint Jacques mais Jean-Pierre Rose, dans son mémoire de maîtrise où il a traduit en français les recettes, parle de cuvette]. Le lendemain, on ajoute de l'alun et on laisse reposer un jour. On filtre. On laisse sécher et ce qui se trouve au fond de conca, on le détrempe avec de la gomme ou du bland d'euf ou de la colle tiède.
2) on fait un mélange, dans un coquillage, coclea [J.-P. Rose traduit par une coupelle], de râclures de bois de brésil avec du blanc d'oeuf et de l'eau gommée (deux fois plus de blanc d'oeuf que d'eau gommée + de l'eau, moitié moins que l'eau gommée) et un grain de pois chiche d'alun. L'auteur de la recette ne dit pas combien de temps il faut laisser infuser.
3) On mêle de la chaux fraîche à de l'urine dans un petit pot adapté à cet usage, apto vasculo. On ajoute ce mélange au bois de brésil et on laisse reposer le tout pendant une demi-heure au moins. On verse ensuite le rouge de brésil sur du blanc d'Apulie, on ajoute un peu d'alun, du kermès préalablement délayé dans de la gomme arabique [n'ayant pas de kermès, on pourrait essayer avec la cochenille ?!] ce qui rougira la couleur. Le tout une fois séché se conservera des années.
Voici l'une des recettes en français que Jehan Lebègue ajoute au XVème siècle dans ses Librii colorum : 334. A faire couleur de roses vermeilles.— Raez bresil en un vaissel de terre plomme et y metez de lorine et aussi pouldre dalun, et le laissiez une nuit reposer, et a landemain le mettez sur les charbons sans flambe, et le faites tres bien boulir une onde ou deux, puis lostez du feu et mettez avec un pou de chaux vive en pouldre, et mellez tres bien ensamble, et ostez le cler, et mettez lespez secher pour garder et pour en ouvrez quant est besoing.
Le manuscrit de Le Bègue recense une vingtaine de recettes de laques de brésil. La recette suivante décrit un procédé pour faire un rose, procédé que nous n'avons pas encore vu.Il s'agit d'une extraction avec de la lessive (cendres filtrées avec de l'eau).On prend une lessive forte faite de cendres de être que l'on fait bouillir que l'on verse ensuite sur le bois de brésil dans une écuelle de terre vernissée, scutella terre vitreata. On laisse reposer une heure. On mélange ensuite des coquilles d'oeuf pilées avec de l'alun de roche auxquels on incorpore la lessive rougie par le brésil. (résumé issu de la traduction d'Inès Villela-Petit, Têchne n°4).
Le manuscrit Sloane 1754, Le Livre des couleurs pour l'enluminure et la peinture donne une longue recette pour transformer le bois de brésil. Il faut faire macérer le bois tinctorial dans un pot, vase avec du glaire d'oeuf. On ajoute de l'alun et quand la liqueur est saturée on la réserve dans une coquille, quoquilla.
Les formules divergent sur la couleur que l'on voulait obtenir. On peut avoir soit une laque rose opaque dite rosa ou rosetta à laquelle on a ajouté du blanc de plomb ou un blanc calcaire. On pouvait aussi obtenir de rouges et rouges violacés transparents qui servaient en glacis.

Bois de sappan (végétal)
Il est un peu plus pâle que le bois brésil.

Cinabre (minéral)
Il donne le fameux rouge vermillon. Utilisé surtout en enluminure. Associé au blanc de céruse, il donne le fameux incarnat.

Cochenille (animal) (Dactylopius coccus)
Elle donne le carmin : le rouge cochenille est un colorant naturel carmin produit par le Dactylopius coccus, un parasite de nombreux arbres et arbustes.
On ne prend que la femelle avec les oeufs, juste avant la ponte. Il faut beaucoup d'oeufs (graines) pour faire ce pigment, le coût est donc exhorbitant.
Utilisé pour les 2

Kermès (animal)
Cette teinture, la plus coûteuse de toutes, est extraite des oeufs d'un insecte originaire de la Méditerranée, le kermès vermilio. Elle est notamment utilisée pour les écarlates.
Le vermilio est un insecte parasite du chêne.
Pour des raisons encore insuffisamment élucidées, l'art de teindre les étoffes en vraie pourpre, disparaît peu à peu du monde méditerranéen au cours du Moyen Âge et parallèlement, la teinture au kermès, déjà hautement prisée durant l'Antiquité, illumine de son rouge intense les soieries médiévales les plus précieuses, où elle se rehausse souvent de fils d'or. En outre, la valeur symbolique que lui confère son suc couleur de sang ouvre au kermès un autre débouché, celui des applications médicinales ("Confection d'Alkermès", inventée par Mésué à Bagdad au début du IXe siècle).
Utilisé pour les 2

Minium de plomb (minéral)
Par oxydation du plomb
Utilisé plutôt en enluminure

Noyer + garance (végétal)
L'alliance du brou de noix et de la garance (2 bains) crée un rouge plus brique.

Ocre rouge (minéral)

Pourpre (animal et végétal)
Utilisé en enluminure comme en teinture, la vraie pourpre est réalisée à partir de coquillages: le murex ou le purpura. Il faut 1200 murex pour obtenir 1,4 g de colorant.
La pourpre de Tyr, appelée "color officialis", symbolise le pouvoir.
On obtient de ce coquillage un rouge profond, pouvant tirer vers le légèrement rose, le violacé, le bleu.
Cependant, la recette de la teinture à base de coquillage a disparu après la chute de Bizance en 1463. Elle sera remplacée par l'orseille (sorte de lichen), le croton des teinturiers, la cochenille associée à l'azurite, ou le folium. (cf aussi bleu et violet).

Racine de garance (végétal)
Ses racines et ses tiges souterraines contiennent de l'alizarine, qui donne cette belle couleur rouge.
C'est une plante cultivée en Asie occidentale et centrale, et s'est peu à peu répandue dans les régions tempérées.
Elle permet d'obtenir une vaste gamme de couleurs : orange, vermillon, carmin, pourpre, …
Elle nécessite un mordançage fort.
Elle ne sera cultivée en France qu'à partir de Louis XIV, et n'est utilisée qu'à la fin du Moyen-Age.
La garance, ou garance des teinturiers, est une plante de la famille des rubiacées dont les racines sont utilisées pour leur capacité à teindre les textiles en rouge vif.
La Garance est, par extension, la teinture et la couleur tirées de cette plante. C'était notamment le qualificatif des pantalons d'uniforme de de couleur neutre (feldgrau).
C'est le rouge des paysans, moins éclatant que le rouge murex.
Utilisé essentiellement en teinture.

Réalgar (minéral)
Il donne un rouge orangé.

Sang de dragon (végétal)
Il s'agit ici de résine d'arbre

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MessageSujet: Re: Teintures et pigments   Jeu 18 Juil - 2:57

Bleu


C'est une couleur omniprésente dans la nature, mais c'est une couleur mal aimée. C'est la couleur des barbares et des étrangers en Europe. Cela change au XIIe siècle, car c'est la couleur de la lumière du dieu des chrétiens, qui est rapidement associée à la Vierge Marie puis aux rois de France.

On peut l'obtenir à partir de diverses plantes et baies: pensées, myrtilles, bleuet, vaccinium, centaurée bleue, campanule, delphynium...

Azurite (minéral)
On obtient de ce minéral un bleu azur. Il est apparu après le lapis lazuli, et est comme cet autre minéral un pigment très précieux. On l'appelle aussi bleu d'Allemagne ou azur citramarin.

Bleu d'argent (minéral)
Mélange d'argent et de cuivre.

Bleu de cobalt (minéral)
Substitué au smalt, on obtient un bleu violacé.

Bleu de smalt (minéral)
Mélange de cobalt et de potassium.

Bleu égyptien (minéral)
Obtenu par oxydation du cuivre, c'est un mélange de cuivre et de calcium.

Cendres bleues (minéral)
Proviennent du cuivre.

Folium (végétal)
Provient du tournesol. On obtient un bleu violet, qui peut parfois se substituer au pourpre. En Provence, on l'appelle aussi maurella ou croton des teinturiers. Il peut virer au rouge en présence d'un acide. Ce sont les capsules des graines qui donnent cette couleur. Macérées dans de l'urine, elles peuvent également donner un rose violacé. Les capsules fournissent du bleu, le jus du rouge.

Guède (végétal)
La guède (aujourd’hui connue sous le nom de pastel), vers 1250, la guède fait l’objet d’une véritable culture industrielle mais elle est chère car longue à fabriquer . Au XIIIème siècle, sa culture est en pleine expansion. Elle ne nécessite qu’un mordançage faible.

Indigo (végétal)
L’indigo d'Inde, de l'indigotier, arrivé plus tard que la guède, ne nécessite qu’un mordant faible et parfois pas du tout. Il est obtenu à partir des feuilles jeunes et donne un bleu profond à la laine, la soie et le coton sans même mordançage. Les feuilles sont broyées, et on obtient une pâte que l'on fait fermenter. L'indigotine se forme par oxydation. On la stocke sous forme de boules. Il suffit ensuite de plonger l’étoffe dans une cuve d'eau non bouillante dans laquelle on a mis ces boules et de l’exposer à l’air libre.  C'est le bleu le plus utilisé en teinture, un bleu assez profond et foncé. Il remplacera rapidement le pastel, car moins long à préparer, et moins onéreux.
Utilisé en enluminure et en teinture.

Lapis Lazuli (minéral)
On obtient de cette pierre un bleu outremer. Le minerai est broyé pour obtenir un pigment en poudre. C'est une pierre semi-précieuse qui est importée d'Aghanistan vers Venise. C'est un produit très onéreux. Il est utilisé aussi bien en enluminure qu'en teinture, mais il reste un produit de luxe. On l'appelle aussi azur transmarin.

Pastel (végétal)
Ou Isatis tinctoria
C'est une plante à fleurs jaunes qui exige une longue préparation de près de 2 ans. C'est l'or bleu du pays de Cocagne, du nom des coques de pâte fabriquées à partir de la plante pour obtenir la teinture. C'est une teinture chère, qui sera vite remplacée par le bleu de l'indigotier, moins cher, plus facile à obtenir, et plus profond.[/u]

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MessageSujet: Re: Teintures et pigments   Jeu 18 Juil - 2:57

Jaune et or



C'est une couleur très appréciée durant l'Antiquité: elle symbolise la richesse, la sagesse, et le pouvoir.
Au Moyen-Age, l'or a une connotation positive, tandis que le jaune une connotation négative: c'est une couleur éteinte, triste, qui symbolise le déclin et la maladie, et les traitres. Elle dévalorise la personne qui en porte.
Le plus beau est obtenu avec le très cher safran, tandis que d'autres plantes, tanaisie, millepertuis, gentiane, genêt, figuier ou gaude, produisent des jaunes plus communs.



Curcuma ou safran des Indes
On utilise le rhizome séché (sorte de racine) que l'on réduit en poudre. Utilisé surtout en teinture.

Gaude (végétal)
Appelée aussi herbe à foulon.
Le colorant se trouve dans la tige et dans l’enveloppe des gaines. On fait sécher la plante puis une décoction. La gaude nécessite un mordançage fort, donne des jaunes secs et clairs. Elle résiste cependant très bien, et est utilisée en enluminure comme en teinture.

Genêt (végétal)
Les fleurs et les feuilles sont colorantes mais la teinture est peu solide.

Gillulimum?

Graine d'Avignon (végétal)
Baie d'une espèce de nerprun, cf vert

Jaune de Naples (minéral)
Très toxique, pigment de plomb

Ocre jaune (minéral)

Or (minéral)
Il est collé par un apprêt: gomme, blanc d'œuf, colle de poisson, jus d'ail...
En enluminure, pour obtenir une lettrine en relief, on pose la feuille d'or sur une "assiette" de bol d'Arménie, miel et colle, et pressé dessus par une agate. Cette étape s'effectue avant peinture. Après peinture, on ne peut utiliser que de l'or en poudre avec de la gomme arabique.
Il existe en feuille (le plus fin, le plus onéreux), en liquide et en poudre.

Orpiment ou jaune de Perse ou orpin (minéral)
Très proche de l'or, il est composé d'un mélange de réalgar et de souffre. Il est très toxique, et est plutôt utilisé pour l'enluminure.

Safran (végétal)
Importé d’Orient, sur un drap de laine, le safran donne un jaune très dense, un peu sombre, tirant vers le orangé. Sur la soie, le safran donne un jaune plus lumineux. Les teinturiers du jaune utilisent beaucoup l’alun comme mordant.
On utilise les stigmates séchés de la fleur de crocus.

Sarrette des teinturiers (végétal)
Ou Serratule des teinturiers
C'est une plante vivace à fleurs rouge-pourpre. On utilise les feuilles, qui contiennent une substance employée pour le colorant jaune.

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MessageSujet: Re: Teintures et pigments   Jeu 18 Juil - 2:58

Orange

C'est une couleur très peu utilisée, que l'on n'appelle même pas orange: auzum, citrin, jaune obscur...
Très peu présente dans la nature, elle est la couleur du diable, de la sorcellerie, et a donc une connotation négative.


Minium (minéral)
Attention, très toxique.

Mûrier ou rocou (végétal)
Il donne un rouge orangé. Plutôt apparu au XVIe siècle.

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MessageSujet: Re: Teintures et pigments   Jeu 18 Juil - 2:58

Blanc


Le blanc pur n'existe pas au Moyen-Age. Le blanc représente donc les vêtements incolores, qui n'ont pas été teintés. Pour blanchir davantage les vêtements, on utilise la saponaire, la lessive à base de cendres ou bien des terres et minerais (magnésie, craie, ceruse, …) qui donnent des reflets grisâtres, verdâtres et bleutés. Le bien blanc n’existe pas. Pour la laine, la teinte naturelle est blanchie à l’eau fortement oxygénée de la rosée et à la lumière du soleil mais avec le temps, le tissu blanc redevient écru.

Il représente l'hygiène: ce qui est blanc est propre, contrairement au noir, qui incarne la saleté.


Blanc d’Apulie (?)

Blanc de coquilles d’œuf (animal)
D’après Valentin, « Prenez des coquilles d’œuf que vous ferez mordre trois ou quatre jours durant, à du vinaigre blanc fort. Lavez-les ensuite parfaitement. Faites sécher au soleil ; broyez dans un mortier d’abord, puis pilez fin. »

Blanc de plomb ou céruse (minéral)
Il est obtenu par oxydation du plomb.
Dans le Livre des divers arts de Montpellier, on fait du blanc avec du plomb, on le nomme Céruse. « Mets dans un récipient de terre ou de bois de chêne, de fines lames de plomb non martelé, verse du vinaigre, place les plaques au-dessus du liquide sans qu’elles le touchent, avec un espace de trois doigts. Couvre ensuite l’orifice du récipient, bouche-le bien, et mets-le dans un endroit obscur, humide et chaud, à savoir le fumier, durant quatre mois. Ce temps passé, débouche le vase d’où la force du vinaigre s’est échappée et tu trouveras des tâches et des mucosités autour du plomb. Racle-les avec un couteau, mets-les dans un vase avec de l’eau, et remue avec un bâton ou un autre instrument, jette ensuite cette eau, remets dans le vase le peu de substance qui reste, rajoute de l’eau, et celle-ci étant utilisée, mets-en d’autre, et fais ainsi jusqu’à ce que le blanc soit immaculé. Fais-en des formes rondes et laisse-le sécher. » On broie très longuement la couleur sur le marbre avec l’eau gommée afin que la couleur ne soit ni trop ferme, ni tout à fait molle.
Dans le manuscrit d’Héraclius, on met sur le feu dans un pot ce qu’on aura trouver sur les lames de plomb après un mois seulement. On ne cesse de remuer jusqu’à ce que la matière soit blanche comme neige.

Blanc d’os (animal)
Il est dit que cette couleur ne convient pas car elle est trop pâteuse.
La calcination des os à l’air libre donne une poudre d’un blanc grisâtre, formée essentiellement de phosphates de calcium. Le mélange avec les liants est désagréable à manipuler.
La poudre blanche d’os brûlés fut surtout utilisé au Moyen Age pour préparer les fonds sur lesquels on voulait dessiner avec une pointe d’argent sur un panneau de figuier habillé de parchemin que l’on avait enduit de plâtre et recouvert de blanc de plomb à l’huile. On répandait aussi la poudre d’os sur le parchemin de mouton lorsqu’on voulait dessiner dessus à l’aquarelle. On l’époussetait avec une patte de lièvre (d’après Cennino Cennini). (Notons qu’avec un style de plomb on n’a pas besoin d’os sur le parchemin).

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MessageSujet: Re: Teintures et pigments   Jeu 18 Juil - 2:58

Noir et gris


Contrairement à ce que l'on croit, le noir n'est pas une mode importée d'Espagne. Il a d'abord été mis en valeur à la cour de Bourgogne, avant d'être exporté en Espagne, et de revenir par le biais de ce pays en France à la Renaissance.

En positif, il représente la tempérance, l'humilité et l'austérité. En négatif, il symbolise le deuil, la mort et les péchés.

C'est une couleur très difficile à obtenir.


Le noir n'était pas destiné à représenter le deuil mais seulement l'influence des modes mondaines. D'ailleurs, les vêtements noirs étaient souvent doublés de tissus aux couleurs vives.


Bois brûlé (végétal)
- sarments de vigne (on l'appelle donc le noir de vigne): On brûle des sarments de la vigne qui produit le vin. On les éteint avant qu’ils soient réduits en cendre, au moyen de l’eau, dont on les arrose par petite quantité d’abord, puis davantage. Ensuite les charbons nets sont mis à part des cendres. Le noir se fait de charbons de vigne ou de saule, broyés avec de la courge brûlée. Calciner sur le feu, arroser de vinaigre ensuite d’eau. « Si tu veux détremper le noir, le faire avec de l’eau gommée, et en y mêlant un peu de rouge de brésil. »
- autres arbres
- aulne: donne un noir grisé
- épicéa: donne un noir bleuté

Bois macéré (végétal)
Ecorces et racines de noyer

Bois de campêche (végétal)
On le découvre en 1492, et produit un noir violet.

Châtaigner (végétal)
Forte teneur en tannin. On le réduit en sciure et on le fait bouillir longtemps avec un mordançage au sulfate de fer (pas de bain alcalin, ça donne du beige)

Noir de fumée (végétal ou animal)
Charbon en poudre très fin, produit de la combustion de matières organiques.
On place un petit bassin de cuivre ou de terre vernissée au-dessus d’une chandelle de cire pure allumée, de manière que la flamme vienne frapper le fond du bassin. On recueille le noir ainsi déposé. « Fais en sorte que la petite flamme de la lampe soit à deux ou trois doigts du fond de la tourtière ; la fumée, qui sort de la flamme, frappera le fond de la tourtière et formera un dépôt. Attends un peu ; prends la tourtière et avec quelque instrument, époussette cette couleur, c’est-à-dire cette fumée, en la faisant tomber sur du papier ou dans quelque petit pot ; il ne faut pas l’écraser ou la broyer car c’est une couleur très fine. » Un autre texte précise qu’en mélangeant le noir de fumée avec de la gomme arabique pulvérisée dont on détrempe le tout avec un peu d’eau et de vin, on obtient une encre intense. Le noir de fumée est ici fait avec un vase de bronze et une torche résineuse.

Noix de galle (végétal)
C'est un produit cher nécessitant un mordançage à base de sulfate de fer. C’est en réalité une excroissance sur les feuilles de chêne à la suite de la piqûre d’un insecte parasite). La noix de galle sert également de pigments pour les encres.
La noix de galles est utilisée depuis l'Antiquité. Alep était connue pour sa production dans tout le monde gréco-romain. Les papyrus de Leyde et de Stockholm (papyrys égyptiens écrits en grec au IIIè siècle) font mention de plusieurs recettes.
Au XVè siècle, la noix de galles n'était pas en faveur, car pour obtenir du noir, il fallait lui adjoindre du sulfate de fer, corrosif pour les fibres animales quand il se trouve en trop grande quantité. Un doge de Venise, Giovanni Mocenigo, interdit donc son usage en 1480, ce qui prouve son emploi antérieur. Au Moyen-Âge de manière générale, elle est à la base, avec un mordant de fer, de toutes les recettes de teinture en noir pour les fibres moins fragiles (soie, lin...). Pour la laine, son emploi était toléré, mais pour noircir des tissus déjà foncés (notamment avec du pastel), de manière à ne pas trop concentrer en sulfate de fer (il en faut une bien plus grande quantité si on part d'un tissu blanc).
Elle est d'autre part attestée comme ingrédient des mordants des fibres végétales. Elle avait également un usage en médecine et bien sûr en tannage (forte teneur en tanins). Elle servait aussi beaucoup pour la fabrication d'encres.
On utilise les noix de galles, qui sont des excroissances provoquées par des bourgeons qui se développent anormalement à cause d'insectes qui y pondent. Il faut les récolter avant la sortie de l'insecte, qui dévore en sortant une partie de la moelle riche en tanins.
Pour un noir profond: mordançage au cuivre
Pour un noir tirant sur le vert: bain alcalin
Pour un noir bleuté: mordançage au fer

Orcanette (végétal)
Aurait été l'ersatz de la pourpre dans des écrits très anciens.
C'est une plante peu employée en teinturerie, car le colorant n'est soluble que dans l'alcool pur et l'huile. L'orcanette ferait par contre un très bon rouge à lèvres, notamment à l'Antiquité.
En teinture, elle donne un gris assez laid, légèrement marron.

Pierre noire (minéral)
Pierre noire du Piémont, broyée pour être utilisée en peinture.

Suc de seiche (animal)
Pour le noir de seiche, il faut consulter le récent ouvrage de Monique Zerdoun Bat-Yehouda, Les encres noires au Moyen Age. Sinon (pp.90-91). Ce pigment est connu dès l’Antiquité romaine grâce à Pline l’Ancien. Bernard Guineau nous dit qu’il est obtenu par calcination en vase clos d’os de seiche ensuite finement pulvérisé. Utilisé pour la miniature et la fabrication d’encres noires mixtes. Son autre nom très connu est le sépia. C'est un noir un peu brun (cf brun).


Pour obtenir du gris, il suffit de superposer (ou mélanger) du noir et du blanc, et d'ajouter, selon les effets souhaités, du jaune ou du rouge.

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MessageSujet: Re: Teintures et pigments   Jeu 18 Juil - 2:59

Violet


Le violet n'avait pas cette connotation de tristesse et de pénitence qui sera réservé au Carême et à l'Avent.
Il n'existe pas à proprement parler, l'équivalent du violet à l'époque est le pourpre.
On peut éventuellement obtenir du violet en faisant la teinture dans un baquet en bois avec du bois brazil, mais la couleur accrochera moins. Dans un chaudron de fer, cette même matière fournira du rose. On pourrait utiliser de la betterave, mais ce n'est pas une teinture noble et accrocheuse non plus.

On peut faire du violet par fermentation de baie de sureau.


Cf bleu, rouge et noir (folium, orseille, pourpre)...

ou certains mélanges:
- folium + céruse
- bleu + céruse
- blanc + incarnat + indigo

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MessageSujet: Re: Teintures et pigments   Jeu 18 Juil - 2:59

Brun et beige


Ils se font avec nombre de plantes communes, écorces, pelures d'oignons etc...


Bouleau (végétal)
Bouleau + bois brésil: brun légèrement rosé, voir bordeaux.
Bouleau + chêne: vrai marron, très lumineux surtout avec de l'alun seul.
Le bouleau seul donne du beige légèrement rosé.

Châtaigner (végétal)
En plus de donner du noir peu foncé, il donne un beau beige en bain neutre.

Chêne (végétal)
Fort en tannin lui aussi. On utilise l'écorce, que l'on ramasse au moment de l'éclosion des bourgeons, car c'est la période où l'écorce est le plus riche en tanins. On l'utilise couramment de le tannage du cuir. Le mordançage se fait plutôt avec du cuivre, qui donne des couleurs intéressantes, de beaux dégradés de marron à beige. Il produit aussi du gris, mais terne.
Mélangé à du bouleau, on obtient des bruns encore plus beaux. Le bouleau seul donne des bruns légèrement rosés.

Henné (végétal)
Originaire d'Inde occidentale, exportée notamment en Afrique du Nord.
On utilise des feuilles séchées pulvérisées, diluées dans de l'eau tiède. On obtient des tons bruns et fauves (brun orangé). Très bonne tenue sur la laine.

Noyer (végétal)
On utilise le brou de noix pour créer des bruns de différentes teintes, et avec du henné pour créer des marrons sombres légèrement violacés.
Le noyer est présent dans toutes les régions tempérées d'Europe.

Ocres et terres (minéral)
Il en existe de nombreuses variations: sienne, ombre... pour ne citer que les plus connues.

Sepia (animal)
C'est un liquide sécrété par la seiche. Il est surtout utilisé pour les encres et les pigments.

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MessageSujet: Re: Teintures et pigments   Jeu 18 Juil - 2:59

Vert



C'est une couleur paisible et non violente.
Elle est facile à obtenir mais difficile à stabiliser en teinture: elle tient mal aux fibres et s'use à la lumière.
Les verts artificiels sont de plus corosifs car ils contiennent du cyanure. C'est pour cela que les vêtements verts étaient bannis du monde des artistes dès la Renaissance: les personnes qui portaient des vêtements de cette teinte finissaient par mourir au bout de quelques jours, à cause de sa toxyne.

Le vert symbolise ce qui bouge et ce qui change, le hasard, les changements d'humeur. En positif, il représente la chance et la fortune. En négatif, l'inverse: malchance, infortune, infidélité...

C'est une couleur souvent portée au Moyen-Age par les troubadours, les jongleurs, les bouffons, les chasseurs, et les jeunes amoureux. C'est aussi la couleur de la jeunesse.

La couleur verte est obtenue à l’aide de pigments et de colorants naturellement verts : fougères, plantain, feuilles d’ortie, fleurs de digitales, rameaux de gênets, feuilles de chêne ou de bouleau, écorce d’aulne, jus de poireau …

La teinture verte tient très mal à la laine.


Baies d'argousier (végétal)
L’argousier est un arbre très épineux, ses épines sont effilées et pointues. Il porte de petites baies oranges comestibles, elles ont un goût de “citron, pamplemousse”. Les baies renferment beaucoup de vitamines C ( quatre fois plus que le citron ). Les baies de l’argousier peuvent être aussi un médicament (sirop contre la grippe...) Elles servent aussi de teinture.

Bouleau (végétal)
Utilisation des feuilles avec mordançage alun et fer: vert foncé
Utilisation des feuilles avec mordançage alun et cuivre: vert plus clair

Iris (végétal)
Entre autre du vert, l'iris séché (jus obtenu par macération à chaud ou a froid) permet également de créer différentes teintures en fonction de la couleur des feuilles, notamment du mauve grisé.

Malachite (minéral)
Obtenu par broyage du minéral.

Nerprun (végétal)
Obtenu par fermentation des fruits non mûrs, frais ou séchés. Sa couleur varie naturellement du jaune au vert, selon le mordançage: alun et fer = jaune, alun et cuivre = vert.
Il faut l'associer au pastel pour obtenir du vert plus profond et plus chaud. Associé à de la garance, il donne de l'orangé.

Terre verte (minéral)
Obtenu par broyage de la terre.

Turquoise (minéral)
Obtenu par broyage du minéral.

Vert de gris (minéral)
Obtenu par oxydation de cuivre.

Vert égyptien (minéral)
Obtenu par oxydation du cuivre.

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MessageSujet: Re: Teintures et pigments   Jeu 18 Juil - 3:04

Incarnat (rose)

Ce n'est pas une couleur qui est très utilisée au Moyen-Age, car on lui préfère les couleurs plus vives.


Bois Brésil (végétal)
C'est un bois qui vient des Indes.

Bouleau (végétal)
Europe du Nord.
On utilise l'écorce puis les feuilles, par macération puis ébullition. L'écorce donne du rose, tandis que les feuilles donnent du jaune.
Bain neutre: rose
Bain acide: vieux rose
Bain alcalin: rose saumon

Cinabre (minéral)
Associé au blanc de céruse, il donne de l'incarnat.


Ajouté dans les incarnats, les couleurs chair pour imiter la couleur de la peau. Il s'agit ici de faire des mélanges:
- terre verte + blanc
- terrette: bleu foncé, rouge et jaune
- rouge et blanc
- rouge, noir, blanc, jaune

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MessageSujet: Re: Teintures et pigments   Jeu 18 Juil - 3:17


Des techniques de teinture




La teinture est souvent réalisée dans un chaudron en fer, car le fer permet à la réaction d'accrocher bien mieux au tissu.
On va plutôt user de pigments végétaux et animaux, qui sont plus stables et moins "toxiques". Cependant, certains minéraux, comme l'azurite, peuvent être utilisés, mais restent une teinture de luxe, la pierre étant très coûteuse.
On n'utilise que très rarement les fruits et les légumes pour teinter un tissu, car c'est une couleur instable et qui n'accroche que peu au tissu.

Il faut savoir que chaque artisan teinturier travaille une couleur particulière: on ne mélange pas les bains de teinture, y compris quand les eaux sont jetées en rivière. C'est pour cela que dans les corporations, les teinturiers sont placés le long de la rivière en fonction des teintures qu'ils travaillent.


1e étape: le mordançage

Il s'agit de faire bouillir l'étoffe dans un bain d'eau contenant un mordant. Le mordant va se fixer sur ou dans les fils de tissage, sur lequel le colorant va ensuite s'accrocher. Le mordançage peut être réalisé avant, pendant, ou après la teinture, en fonction des colorants. On sépare légèrement les fils du tissu pour que les pigments pénètrent mieux. Les tissus d'origine animale retiennent mieux les colorants (laine ou soie).

Il existe 2 sortes de mordançage:
-  La macération à froid ou fermentation en renouvelant l’opération plusieurs fois pour renforcer l’adhésion de la couleur.
-  La macération à chaud dans un bain où les plantes tinctoriales ont préalablement été bouillies.

Différents mordants:
- la pierre d'alun: importée d’Egypte, de Syrie et d’Asie mineure, elle fait l’objet d’un grand commerce aux XII et XIIIèmes siècles. Elle est réservée à la teinturerie de luxe.
- crème de tartre
- chaux
- vinaigre
- urine
- lessive cendres de bois, de noyer et de châtaigner

Ces mordants sont indispensables sauf pour le pastel et l'indigo.

Pour donner du corps à la couleur, on peut ajouter une charge au mordant:
- os de seiche pilé
- craie
- poudre de marbre


2e étape: la teinture

Il s'agit tout simplement de plonger pendant plusieurs heures le tissu dans des cuves en fer emplies d'eau et de pigments.


3e étape à confirmer: le rinçage?


Une technique différente pour chaque tissu

- soie: on utilise les mêmes plantes que la laine. Comme mordant, l'alun seul. L'eau ne doit pas être chauffée à plus de 50° pour que la couleur se fixe. On dispose de la poudre d'alun pendant plusieurs heures sur le tissu, puis on nettoie ce dernier au vinaigre blanc.
- laine: il ne faut aucun autre traitement avant de teindre la laine, hormis le lavage. On utilise un mordant composé d'alun et de tartre. Pour le mordançage, on opère de la même façon que pour la soie, mais avec un mélange d'alun et de tartre, ou du tartre seul. L'eau doit ensuite bouillir pour que la couleur accroche lors de la teinture.
- coton, lin, chanvre... fibres végétales: il faut préparer un mordant de fer: on trempe des barres de fer dans l'eau du mordançage. On peut aussi réaliser un mordant à base de sumac, pomme de pain, et graines d'eucalyptus.



/!\ Astuce pour redonner de l'éclat à un vêtement terne: on ajoute un peu d'indigo dans l'eau de lavage
/!\ Astuce pour assouplir le linge: on ajoute de la saponaire dans l'eau de lavage

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MessageSujet: Re: Teintures et pigments   Jeu 18 Juil - 3:48


Des techniques d'enluminure



On utilise les 3 sortes de pigments. Ils sont en général conservés sous forme solide dans des coquilles, et se travaillent à l'aide d'une détrempe: plusieurs corps qui permettent au pigment de s'agglomérer et d'adhérer au parchemin. C'est un liant.

Principaux liants:
- blanc d'œuf déviscosé à l'aide d'une éponge, conservé avec des clous de girofle
- gomme arabique broyée
- miel: apporte de la souplesse

Liants secondaires:
- colle de parchemin
- colle de poisson
- vinaigre (vin + alun)
- savon

On broie les pigments et liants (si nécessaire) sur une plaque de pierre très dure à l'aide d'une molette pour les affiner et les agglomérer, on les met dans une coquille, et on laisse sécher. Les pigments ainsi préparés sont ensuite utilisés comme de la gouache.

Les pinceaux sont fins, et sont constitués de poils de marte et d'écureuil.

En enluminure, on ne mélange jamais les couleurs entre elle, surtout celles à base de souffre ou de plomb.
Pour les éclaircir, on ajoute de la céruse (blanc de plomb). Pour obtenir une belle intensité, on superpose plusieurs couches.
Plus le pigment est broyé finement, plus il est clair.

Avant de peindre avec des pigments, on dessine les bases du croquis à l'aide d'une mine de plomb.

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MessageSujet: Re: Teintures et pigments   Jeu 18 Juil - 4:54


Les encres



sépia: encre de seiche
encre au carbone: noyau de pêche calciné, sarments de vigne, noir de fumée + liant
encre métallique: tannins végétaux + vitriol

Le tannin est obtenu par macération de noix de galle.

Pour obtenir des encres de couleurs, on utilise un pigment (en général minéral), de l'eau, et un liant.
rouge: cinabre
bleu: lapis
vert: malachite

On distingue 2 types d'encres:
- encre organique: pigment + eau + gomme arabique (liant) + alun (mordant). A base d'os calciné, de noir de fumée, de charbon de bois de vigne pour le noir, de macération de baies de sureau et de thé pour le rouge violacé.
- encre métallique: pigment + acide + eau + liant. A base de cuivre pour le vert de gris par exemple.

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MessageSujet: Re: Teintures et pigments   Jeu 18 Juil - 13:44


Bibliographie




Histoire des couleurs, Manlio Brusatin, ed. Flammarion
Histoire vivante des couleurs, Philip Ball, ed. Hazan
Glossaire des matériaux de la couleur, Bernard Guineau, ed. Brepols
L'art de l'enluminure


Compagnie de la Branche Rouge

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